Influenceurs virtuels, les nouvelles égéries de demain ?

Génération 3.0

Adulés par les ados et convoités par les marques, les « influenceurs virtuels » prennent de plus en plus de place sur les réseaux sociaux et volent parfois la vedette à de véritables personnalités constituées de chair et d’os. 

L’influenceur virtuel @blawko22 : https://www.instagram.com/p/BmuJVHAAt3-/

Véritables phénomènes, les « influenceurs virtuels » sont des avatars créés de toute pièce par images de synthèse 3D. Sur Instagram, ces personnages fictifs partagent et affichent des photographies semblables à celles des influenceurs classiques : des selfies, des collaborations sponsorisées, des souvenirs de leurs voyages, des photographies de leur look de la journée et même les sorties avec leurs semblables. À l’exception faite, évidemment, que tout cela n’a jamais réellement existé. 

Les influenceurs virtuels : vous n’avez pas fini d’en entendre parler !

Surfant sur la tendance, les maisons de luxe sont de plus en plus nombreuses à faire appel au service de ces avatars « glamours »

Olivier Rousteing n’a pas hésité à surfer sur la vague de ce phénomène plus tendance que jamais. Le directeur artistique de Balmain a invité le photographe Cameron-James Wilson, concepteur du premier « Supermodel Digital », à imaginer ses nouvelles égéries. Ainsi, Margot, Zhi et Shudu, sont nées à partir de codes informatiques.

Le 30 août 2018, le styliste dévoilait sa « Balmain Army » sur Instagram, le trio de choc composé des trois égéries multiethniques totalement virtuelles a fait le buzz sur la toile. En effet, elles possèdent toutes les attributs classiques d’un mannequin de chair : visages symétriques, tailles de guêpe et bouches pulpeuses. 

MARGOT porte la » #BALMAINPF18 collection »
 https://www.instagram.com/p/BnOr8qfAfJU/

Peut-être qu’un jour il sera possible d’interagir directement avec elles grâce à l’intelligence artificielle, et qui sait peut-être même les voir défiler en direct au milieu des autres mannequins qui elles, ne seront pas intemporelles. À l’heure de la révolution féministe, les influenceuses virtuelles ne viennent-elles pas encore imposer de nouveaux diktats ? 

Balmain n’est pas la seule maison de haute couture à avoir utilisé les influenceurs 3.0. En effet, Prada, Buccelatti, Louis Vuitton, Dior, Chanel et Fenty Beauty by Rihanna, ont elles aussi succombé aux charmes de ces créatures 3D.  

De gauche à droite : Miquela Sousa , Shudu Gram, Blawko22 and Zhi. 

Mais au fait pourquoi ? Les influenceurs virtuels représentent un énorme potentiel pour les marques non seulement pour développer l’engagement avec les consommateurs mais aussi pour garder un contrôle permanent sur ce qu’incarnent leurs influenceurs. Quand les êtres humains peuvent se révéler imprévisibles, les créations numériques comme Lil Maquela et Shudu ont réussi à se faire une place, prouvant ainsi qu’un « gynoïde » ou un avatar virtuel peut créer une forme de connivence avec les internautes. Et si les influenceurs digitaux créent de nouvelles possibilités de connexion avec les utilisateurs, les internautes et les marques, les avatars numériques pourraient aussi représenter le futur de la relation client.

Une jeune internaute, Célia 16 ans, s’était exprimée dans une interview pour L’Express sur son rapport à l’image et aux influenceurs permettant de comprendre ce qu’il se passe lorsqu’un utilisateur lambda tombe sur des publications pré-fabriquées de A à Z. La jeune femme affirmait n’avoir aucune difficulté à s’identifier à eux. « Je les trouve beaux même si je sais que leur image n’est pas complètement réelle. Je me dis que nous sommes tous des robots contrôlés par le monde numérique, à des degrés plus ou moins différents. Au moins, lorsque je regarde le compte de Lil Miquela ou de Shudu Gram, je ne me demande pas ce qui a été modifié ou non sur la photo. Je sais que tout est faux et je trouve ça finalement plus honnête », soulignait Célia. «  Quand je vais sur le compte de Kylie Jenner par exemple, ça me complexe d’autant plus que je ne sais pas ce qui a été retouché par la chirurgie esthétique ou non. »

«  Quand je vais sur le compte de Kylie Jenner par exemple, ça me complexe d’autant plus que je ne sais pas ce qui a été retouché par la chirurgie esthétique ou non. »

Ces influenceurs virtuels amènent une réflexion quant au futur de la publicité sur les réseaux sociaux. Dans un avenir prochain, les entreprises créeront-elles leurs propres avatars afin de représenter leur marque? 

Contrôle et personnification pour un prix proche de 0 ? « Black Mirror » c’est pour bientôt !

ZOOM : @LilMiquela , l’influenceuse virtuelle la plus suivie sur Instagram

MIQUELA SOUSA, 19 ans et toutes ses dents (en pixels).

L’exemple de Miquela Sousa (@LilMiquela) est intéressant : la jeune femme de 19 ans, née d’un programme informatique, a été créée par une entreprise de robotique et d’intelligence artificielle établie à Los Angeles baptisée Brud. Elle rassemble à elle seule une communauté de plus de 1,5 million d’abonnés. Ses créateurs en ont fait une chanteuse : (Spotify et iTunes classent la chanson dans le top de 2017). => https://youtu.be/sZ0gBE1sxbI

En plus de pousser la chansonnette, elle diffuse des photos d’elle dans différentes situations, et parfois même avec de vraies personnes, elle prend position sur des enjeux sociaux, défend des idées progressistes et soutient notamment le mouvement Black Lives Matter, comme la cause transgenre et le mouvement #metoo. De cette façon, l’avatar acquiert des traits humains, qui lui apportent un capital sympathie. En effet, il est devenu important de promouvoir plus qu’une simple image corporelle pour assurer l’engagement des abonnés à long terme sur les médias sociaux.

***Prada a récemment travaillé avec Miquela pour promouvoir sa collection d’automne 2018. L’avatar a fait la couverture du défilé de mode sur son propre compte Instagram, en utilisant des stories ainsi qu’une visite virtuelle de la salle de spectacle, publiée directement sur le compte Instagram de Prada. D’autres partenariats sont également en cours notamment avec Burberry et Versace.

 Affaire à suivre 

 

Les sources 

L’ADN ; es influenceurs qui cartonnent sur les réseaux sociaux : ces influenceurs qui cartonnent sur les RS : https://www.ladn.eu/media-mutants/reseaux-sociaux/ces-influenceurs-virtuels-qui-cartonnent-sur-les-reseaux-sociaux/page consultée le 07/12/18

Infos Presse ; Une vrai/fausse influenceur : https://www.infopresse.com/article/2018/3/16/une-vraie-fausse-influenceur, page consultée le 07/12/18

L’express ; Les influenceurs de demain seront t-ils tous virtuels ? https://www.lexpress.fr/styles/beaute/les-influenceurs-de-demain-seront-ils-tous-virtuels_2018220.html, page consultée le 07/12/18

Express Live ; Shudu, Lil Maquela, l’énorme potentiel des influenceurs virtuels :   https://fr.express.live/2018/08/29/shudu-lil-miquela-lenorme-potentiel-des-influenceurs-virtuels, page consultée le 07/12/18

EuroMarketing ; Les influenceurs 100% virtuels :les nouveaux complices des marques : http://euromarketing-udes.com/les-influenceurs-100-virtuels-les-nouveaux-complices-des-marques/, page consultée le 07/12/18

PaperJam ; Les influences virtuels la nouvelle tendance des réseaux sociaux : http://paperjam.lu/news/influenceurs-virtuels-la-nouvelle-tendance-des-reseaux-sociaux, page consultée le 07/12/18

Inflenth ; influenceurs virtuels / marques : https://www.influenth.com/influenceurs-virtuels-marques/, page consultée le 07/12/18

Yahoo Finance ; les influences virtuels attentent les marques : https://fr.finance.yahoo.com/actualites/influenceurs-virtuels-attirent-marques-063914164.html?guccounter=1, page consultée le 07/12/18