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Le masque chirurgical, nouvel espace de publicité pour les marques ?

En février 2020, la Fashion-week de Paris avait révélé le masque anti-pollution comme LE nouvel accessoire de mode du moment. Sur le cat-walk, les mannequins de la marque Marine Serre arboraient fièrement des masques chinés ou aux motifs pied-de-poule, un parti-pris vestimentaire osé qui semble aujourd’hui prémonitoire…

En effet, quelques semaines plus tard et dans le contexte de la crise sanitaire mondiale ce n’est pas le masque anti-pollution mais son cousin, le masque chirurgical, qui se démocratise. Et les marques s’emparent rapidement de ce phénomène.

Parmi les précurseurs, la marque de vêtements et d’accessoires de mode Off White connue pour ses pièces streetwear, qui commercialise tout début mars 2020, 8 modèles de masques vendus 86,95 euros l’unité. Le succès est sans appel puisqu’en quelques jours la marque annonce une rupture de stock. Même si Off White ne communique pas officiellement autour du COVID 19 et ne garantit pas une protection efficace, les nombreux acheteurs sont tout de même séduits.

Dans la même lignée, la marque Fendi propose en mars 2020 ses masques en soie à 190 euros pièce, une collection inédite vendue en 48 heures !

Mal à l’aise avec cette tendance, l’historien de la mode Olivier Saillard confie « Ce serait déplacé et d’une grande vulgarité d’avoir un logo sur un masque et d’en faire un profit. C’est un objet clinique et personne n’a envie de rêver avec cela”.

Pourtant les marques se sont appropriées cet objet, et certaines ont su trouver dans la crise du COVID une opportunité de ventes supplémentaires.

D’autres s’en servent également pour communiquer et développer leur responsabilité sociale. En effet, les grandes maisons de coutures Dior ou Yves Saint Laurent n’ont pas opté pour la même stratégie que les marques citées précédemment. Pendant la période de confinement, elles ont mis à disposition les couturièr(es) de leurs ateliers pour fabriquer des masques au profit du personnel soignant, ou ont reversé une partie des profits liés à la vente de leurs produits à différents hôpitaux. Une stratégie plus engagée mais tout aussi efficace pour faire parler d’elles.

Les influenceurs digitaux ont également surfé sur la mode du masque pendant la période de confinement.

L’influenceuse Noholita se prend en photo masquée sur Instagram et utilise le masque comme accessoire de mode, au même titre qu’un sac à main. Le confinement devient une attitude « branchée ».

Son ami et influceur Saam_nas détourne le masque pour en faire également un accessoire « fashion ».

Dans un autre registre, le couple-star d’Instagram Alice Barbier et J.S Roques (jaimetoutcheztoi) poste un langoureux baiser masqué, récoltant près de 57K likes… Et le masque devient sexy.

Enfin, pour donner l’exemple à sa communauté, Nabilla fait un don de 20 000 euros à la Fondation Hôpitaux de Paris, un acte altruiste relayé sur les réseaux sociaux sous la forme d’un remerciement par Brigitte Macron vu par près de 4M de personnes.